Résumé de la série : Quelque part dans l’Est de la France profonde, dans l’un de ces gros villages que fréquentent depuis toujours Pelot et Baru, un enfant disparaît lors d’une promenade scolaire en pleine nature. Un enfant handicapé, un mongolien. Issu de cet hospice Saint Maurice dont tout le monde ici, depuis des décennies, a appris à détourner le regard pour ne pas trop avoir à deviner ce qui s’y passe, entre orphelinat dévoyé et mouroir pour vieillards surexploités… L’ordre républicain, pourtant, exige que l’on recherche l’enfant. Et que l’on aille fouiner, peutêtre, dans les petites affaires d’Anastase et d’Albert, les deux locquedus du village, loosers absolus d’un monde étouffant qui n’épargne pourtant personne. Qui sait si ces deux-là, à toutes leurs tares, n’ajoutent pas celle de la pédophilie, voire pire ?
Je ne pouvais pas manquer un nouveau Baru (c'est pour vous dire que je suis objectif en parlant de cet album :siffle: ). Baru en adaptant ce roman de Pierre Pelot pour la nouvelle collection Rivages/Noir/Casterman nous offre (16.5 euros quand même) un nouveau très bon album à sa production.
Plus qu'un polar pur jus c'est plus, comme d'habitude avec Baru, une étude de personnages en décalage, de pauvres hères échoués par les courants froids de la vie, ici, c'est dans les Vosges que ça se passe. Ils ne sont pas très malins, pas trop honnêtes et plutôt imbibés les zhéros de cette histoires, les vrais méchants se cachent derrière leurs fonctions et le poids de la routine. Ils se débattent, croient aux miracles (et aux petits hommes verts) et s'écrasent à la fin comme ils se doit car on ne sort pas du cercle vicieux de cette vie. Aux pinceaux Baru fait étalage de tout son métier : cadrages, compositions, couleurs. Tout semble couler de source.
Des paumés, des moins que rien, ça nous donne un RDV grinçant où les rancoeurs accumulées, les complexes et les vies ratées construisent un coktail explosif. L'histoire est bien construite et nous plonge dans le quotidien pourri d'Albert et de Brémont. Un quotidien violent mais décrit sans excès de vulgarité et illustré par des planches superbes de justesse...
Pas vraiment génial... bon c'est du Baru comme il sait très bien en faire, mais
on a déjà vu beaucoup mieux. Et puis ça se lit beaucoup trop vite selon moi.
Bref, pas une super lecture, quoi.
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