Résumé de l'album : Durant plus d'un siècle, Alice, Wendy et Dorothée nous ont guidés à travers le Pays des merveilles, le Pays imaginaire ou les contrées d'Oz de notre enfance. Depuis leurs voyages, ces trois "filles perdues" ont grandi et sont prêtes à nous emmener, une nouvelle fois, dans un autre monde, celui de l'éveil et de l'épanouissement sexuel. Toutes trois se rencontrent au hasard des couloirs d'un luxueux hôtel autrichien en 1913 ; elles y révèlent leurs désirs et leurs plus intimes expériences.
Attention ceci est une oeuvre à ne pas mettre entre toutes les mains. Alan Moore signe là un ouvrage dense et complexe qui sans aucun doute possible ne fera pas l'unanimité tant il touche notre intimité, nos fantasmes, nos tabous, notre part d'ombre.
" Filles Perdues" est avant tout pornographique et le contraste entre le trait naïf
de Melinda Gebbie et l'obscenité des scènes le font d'autant plus ressortir.
Cependant là où nombreux sont ceux qui aurait échoué sur les écueils de la vulgarité et de la vacuité, Alan Moore, lui, nous emmène sur les chemins tortueux de la concupiscence et du désir, de cette part cachée dont ce nourrit notre imaginaire qu'est le fantasme.
Parfait équilibriste il flirt sans cesse entre la réalité et l'imaginaire, sur l'apparent et le sous jacent. En effet chaque chapitre est découpé en deux niveaux de lecture. Parfois de façon évidente tel un récit dans le récit, ou bien encore de façon plus subtil comme l'ombre des personnages ou bien encore à travers un miroir.
Tel une véritable psychanalyse des contes de 3 fées, il nous offre un autre regard sur 3 héroïnes populaires. Un regard sans concession, sans tabous, où certaines perversités présentées vous seront sans aucun doute gênante, voire choquante.
Et c'est exactement ce que cherche à provoquer en vous Alan Moore.
Incroyable génie, il réussi, alors, le tour de force de réaliser une mise en abyme du lecteur en le rappelant à différencier la réalité de l'imaginaire.
Chef d'oeuvre pornographique, brillant, intelligent. Il rappelle à tous que l'essence même du libertinage est avant tout la libre pensée.