Coup d'essai, coup de maître, ou peu s'en faut...
Ce premier album de Briac, (pré-édité initialement dans les pages du télégramme) est une vraie réussite.
Tout d'abord, même si les visages sont assez stéréotypés (visages émaciés et pâles aux pomettes saillantes, yeux caves et sombres pour tout le monde), le dessin en couleur directe est superbe.
Le mode narratif, quant à lui est très largement indirect : on est plongé dans les pensées du narrateur qui est d'ailleurs bien plus un témoin qu'un acteur. C'était un choix dangereux, mais qui en définitive sert fort bien l'ambiance étouffante de ce huis clos.
L'histoire et l'ambiance d'Armen sont un peu un mélange de celles des films "effroyables jardins" et "l'équipier" : 3 soldats allemands et 2 gardiens de phare français sur Armen pendant la dernière guerre mondiale...
Je n'en dirai pas plus, mais Il y a aussi de la tragédie grecque ou classique dans l'histoire d'Armen : ampleur dramatique, unité de lieu, d'action et de temps, nombre restreint de personnages et une intrigue qui évolue lentement mais inéluctablement jusqu'à son dénouement fatal, prévisible certes, mais qui conserve sa part de surprise.
En bref, j'attends avec une bienveillante impatience de voir si Briac confirmera son talent dans sa prochaine BD en préparation (un polar, paraît-il, ce qui devrait mieux convenir à son style que des histoires de blondes...)
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