Résumé de la série : Jardinier malheureux (il extermine involontairement toute plante verte lui passant entre les mains), voyageur hypocondriaque (lors d'un séjour à la Réunion, le chikungunya fait son apparition), pède de famille déboussolé (Alien ennuie profondément son fils alors qu'il devrait être époustouflé), Lewis Trondheim affronte une existence pleine d'imprévus, qu'il transfigure en petits instantanés.
Je n'avais pas forcément suivi la seconde carrière de Trondheim, après sa rupture radicale et sa dépression (?), et la lecture de ce second tome de ses "Petits Riens" procure d'abord l'immense bonheur de retrouver à la fois un grand artiste - au talent graphique et narratif de plus en plus mûr et affirmé, certaines planches ici étant à mon humble avis formellement magnifiques - et une sorte d'ami, dont les idiosyncracies nous font sourire, mais nous rappellent finalement combien le monde - que nous prenons si souvent "at face value", comme disent les anglo-saxons - peut-être complexe et effrayant. Journal de bord d'un être humain confronté aux mêmes tracas de la vie quotidienne que nous, mais également aux pressions supplémentaires générées par le succès et la notoriété, "le Syndrome du Prisonnier" fait également profondément partie de cette culture ("punk" ou "DIY", au choix) qui encourage chacun d'entre nous à oser prendre en main la création artistique : ouvrir grand les yeux et plus grand encore son coeur, voici le secret, ici encore confirmé, d'un beau livre.