Résumé de la série : Le dernier printemps est avant tout un roman d’amour. Martin Mahner, le héros, est un soldat de l’armée nazie posté dans le Sud de la France. Très vite on s’aperçoit qu’il est l’amant d’une “Française”, Catherine, venue s’installer en ex-zone libre avec son mari Xavier Gance, quelques années auparavant. Notre héros narre son histoire. Redémarrant sur un flash-back, le récit nous plante à Berlin, dans le décor sinistre de l’Allemagne de la crise et de la montée du nazisme. Mahler est un lycéen brillant, féru de littérature et plutôt timide avec les filles. Son père est sympathisant des SS, quelques uns de ses camarades de classe aussi. Romantique et solitaire, Martin s’inscrit en faux contre les dérives politiques malsaines auxquelles s’abandonne son entourage. Le docteur Braun et sa famille viennent s’installer dans la maison d’en face. Martin remarque immédiatement Katarina Braun, la fille du docteur.
La force du scénario et la rigueur presque expressionniste des dessins laissent le lecteur captivé. Le dernier printemps est une démonstration magistrale en matière de BD tant par ses qualités littéraires que par la dynamique des images et de leur “mise en mouvement”
L'approche de l'Histoire à travers les yeux d'hommes et femmes l'ayant vécu avec en toile de fond l'amour, tel est le pari.. réussi de cette série et de ce tome. Martin et Maria sont repartis en allemagne et malgré une relation amoureuse à Paris ne se sont pas revus. Mais la période n'est pas facile, la délation règne flattant les bas instincts et chacun peut se venger de son voisin. En 1943, le système allemand est aux abois et actionne ses relais de délateurs pour renforcer sa répression. La résistance n'est pas l'apanage des pays occupés et nos héros en feront les frais, pour certains ! Les planches sont toujours aussi réussies et restent très agréables à lire malgré la difficulté du sujet...
L'album quitte momentanément Martin pour se focaliser sur son ancienne compagne, Maria.
C'est toute la vie civile de l'Allemagne durant la guerre qui est synthétisée ici.
Avec ses lachetés, ses compromissions mis aussi et surtout sa résistance à l'oppression. Nous découvrons ainsi le quotidien de ceux qui risquaient leur vie pour réveiller la conscience allemande.
Au delà de cet aspect, l'album est aussi l'occasion de poursuivre -sur un tempo différent- ces "Amours Fragiles". Nous avons droit aussi à notre dose de suspens (seront-ils pris ou pas ?) et à la cruauté de ces tranches de vies où tout peut basculer à partir d'un rien.
On peut dire que ce troisième tome tient toutes ses promesses, même si on s'éloigne ici du personnage principal (Martin) pour s'intéresser à Maria, retournée comme lui en Allemagne. L'histoire aborde un thème rarement évoqué en BD : la résistance durant la seconde guerre mondiale, non pas en France mais bien en Allemagne ; ces résistants impitoyablement poursuivis par le régime nazi... "Amours fragiles", c'est un scénario remarquablement construit, des dialogues qui sonnent juste, un dessin réaliste et élégant et, surtout, une histoire touchante, voire émouvante par moments. Du grand art.
On retourne en Allemagne qui a envahie la Russie, la population commence à se poser des questions sur le régime, et une résistance timide s'organise. Mais la répression est féroce.
On suit Maria, secrétaire d'un médecin, dans sa vie quotidienne, toujours avec cette ambiance faussement tranquille qui reflète la réalité de l'époque en Allemagne qu'on connait peu en France.
Fin poignante qui donne tout son sens au récit très bien raconté et mis en dessin.