Résumé de la série : Maggie Chascarillo est une jeune Californienne d'origine mexicaine rôdant dans la scène rock du début des années 1980, au moment où l'explosion punk vient de lancer son assaut virulent et primitif contre les tours d'ivoire des dinosaures du rock. Adolescente, Maggie se trouve attirée par l'anarchie, l'énergie et l'idéalisme de la scène punk hardcore. Elle y rencontre Hopey Glass, une punkette téméraire et insolente. Hopey est une présence turbulente mais constante dans la vie de Maggie, combinant paradoxalement des convictions morales en béton armé et un tempérament irascible. L'amitié qui les lie est volcanique mais indéfectible.
Pour cette deuxième "saison" passée à Palomar, il me semble que Gilbert Hernandez a encore augmenté son niveau d'attente envers son lecteur : une bonne vingtaine de personnages centraux à une multitude de récits enchevêtrés, dont nous ne comprenons les tenants et aboutissants (ou pas) que a postériori, sans parler de l'implacable écoulement du temps, figuré par des ellipses saisissantes, qui nous obligent à régulièrement reconsidérer ce que nous savons de nos ami(e)s de Palomar et de leurs rapports. Le résultat est que, si on a souvent l'impression (qui peut être frustrante) d'être un témoin un peu dépassé de cette odyssée immobile mais baroque, articulant des micro-drames de la vie amoureuse, sexuelle et sociale des habitants (habitantes surtout) autour d'évènements littéralement extraordinaires (l'invasion des singes, l'apparition d'un serial killer, le tremblement de terre, etc.), on est aussi soufflé par la richesse thématique d'une telle œuvre : essentiel, "Palomar" est tout simplement essentiel !