Encore une excellent Davodeau. Et pourtant le thème, l'auteur le reconnaît lui même en préface (qu'il faut lire d'ailleurs), n'est pas forcément très sexy. mais voilà, le dessin et surtout les personnages de cette BD/docu sont tellement attachants qu'on a du mal à descotché du récit. Davodeau traîte le désarroi des ces gens si proche de nous de manière très humaine et très humaniste. Sans jamais verser dans le larmoyant. ce qui serait injuste au vu du courage et du flegme de certains "héros" ordinaire de la BD. Le résultat provient peut-être du fait que l'auteur se met en scène lui même ce qui lui donne peut-être le récul nécessaire. C'est tout simplement une magnifique BD qui relate de manière très intelligente notre qotidien et la manière dont, même un peu désarmé, on peut se battre contre une société en passe de devenir totalement folle !
Voici un album reportage d’Etienne Davodeau sur Etienne, Jean-Claude et Olivier, trois agriculteurs qu’il a suivi pendant environ un an. Trois agriculteurs associés qui, par conviction personnelle, sont passés d’une agriculture conventionnelle à une agriculture biologique avec tous les problèmes que cela entraîne. De plus, c’est impuissant qu’ils assistent à la planification et aux travaux de l’autoroute A87 Angers-Cholet qui va couper leur exploitation en deux en passant dans la salle de bain fraîchement rénovée de leurs voisins.
Même si le récit offert par Davodeau n’est pas entièrement objectif et qu’on sent qu’il se lie d’amitié et s’implique de plus en plus tout au long du reportage (et le lecteur aussi d’ailleurs), il a déjà le grand mérite de ne pas nous livrer une énième image caricaturale pourvue de vieux paysans boiteux et munis d’un couvre-chef usé. Ici, les paysans sont jeunes, modernes et osent parler bio.
Davodeau combine ici ses grands talents de narrateur à un récit qu’il rend très fluide et agréable à lire à l’aide de flash-backs habiles. Mais Davodeau n’est pas seulement un grand narrateur, c’est également une touche humour que j’apprécie et un côté très humain émouvant.
Cette famille qui se voit délocalisée pour une compensation financière plutôt modeste ne peut laisser indifférent. Ce genre d’histoires que les paparazzis rongent jusqu’à l’os, mais que Davodeau aborde avec justesse, humanisme et respect.
L’humour et l’autodérision de Davodeau qu’il distille avec brio jusque dans ces remerciements à la fin du tome (Merci à l’ASF, non c’est pour rire). Ceux qui aiment cet humour doivent absolument lire « Quelques jours avec un Menteur » de Davodeau.
Et puis, pour tous ceux qui aiment commencer leurs journées par un bon verre de lait (ou même pour ceux qui sont allergiques et se gavent de soja), c’est très intéressant de voir comment fonctionne une ferme laitière, avec les interminables heures de travail qui précèdent la fabrication de ce verre de lait.
Si le sujet de l’autre album reportage de Davodeau (Les Mauvaises Gens) ne m’avait pas plu, celui-ci est accessible de tous et devrait combler tous les amateurs de Davodeau et autres BDphiles.
Comment parler à la fois de l'agriculture bio et des méthodes de développement d'infrastructures en campagne ?
C'est ce difficile défi qu'a relever avec brio Etienne Davodeau dans cet excellent reportage BD réalisé sur 12 mois.
"Rural !" n'est pas un pamphlet écolo, ni un tract anti-mondialisation. C'est "tout simplement" un livre intelligent fait pour permettre de s'exprimer des individus d'horizon différent sur une réalité véritable. Il y a deux thèmes à cet album, lesquels ne sont ni totalement liés, ni complètement séparés. Leur rapport est avant tout géographique : les acteurs et témoins (qui existent vraiment) vivent dans une même région, le Layon (en Anjou), dont la Culture agricole et naturelle est forte. Il ne faut pas vivre ou même connaître cet endroit pour apprécier ce livre, il suffit d'accepter la complète subjectivité de l'auteur qui nous offre ici des histoires réelles sans la moindre trace de fiction. Un reportage d'une grande qualité.
Davodeau s'essaye pour la première fois dans l'histoire de la bande dessinée (du moins a ma connaissance) a l'ecriture d'une BD-reportage. Le defi était de montrer ce qu'était aujourd'ui le métier d'agriculteur, bien loin de l'image d'Epinal qu'on pourrait en avoir. Il parviens a donner un aspect policier a son recit en racontant la lutte de quelques paysans contre la construstion d'une autoroute. L'histoire est captivante, intelligente, emouvante, parfois drole et tres humaine.
Encore une excellent Davodeau. Et pourtant le thème, l'auteur le reconnaît lui même en préface (qu'il faut lire d'ailleurs), n'est pas forcément très sexy. mais voilà, le dessin et surtout les personnages de cette BD/docu sont tellement attachants qu'on a du mal à descotché du récit. Davodeau traîte le désarroi des ces gens si proche de nous de manière très humaine et très humaniste. Sans jamais verser dans le larmoyant. ce qui serait injuste au vu du courage et du flegme de certains "héros" ordinaire de la BD. Le résultat provient peut-être du fait que l'auteur se met en scène lui même ce qui lui donne peut-être le récul nécessaire. C'est tout simplement une magnifique BD qui relate de manière très intelligente notre qotidien et la manière dont, même un peu désarmé, on peut se battre contre une société en passe de devenir totalement folle !
Voici un album reportage d’Etienne Davodeau sur Etienne, Jean-Claude et Olivier, trois agriculteurs qu’il a suivi pendant environ un an. Trois agriculteurs associés qui, par conviction personnelle, sont passés d’une agriculture conventionnelle à une agriculture biologique avec tous les problèmes que cela entraîne. De plus, c’est impuissant qu’ils assistent à la planification et aux travaux de l’autoroute A87 Angers-Cholet qui va couper leur exploitation en deux en passant dans la salle de bain fraîchement rénovée de leurs voisins.
Même si le récit offert par Davodeau n’est pas entièrement objectif et qu’on sent qu’il se lie d’amitié et s’implique de plus en plus tout au long du reportage (et le lecteur aussi d’ailleurs), il a déjà le grand mérite de ne pas nous livrer une énième image caricaturale pourvue de vieux paysans boiteux et munis d’un couvre-chef usé. Ici, les paysans sont jeunes, modernes et osent parler bio.
Davodeau combine ici ses grands talents de narrateur à un récit qu’il rend très fluide et agréable à lire à l’aide de flash-backs habiles. Mais Davodeau n’est pas seulement un grand narrateur, c’est également une touche humour que j’apprécie et un côté très humain émouvant.
Cette famille qui se voit délocalisée pour une compensation financière plutôt modeste ne peut laisser indifférent. Ce genre d’histoires que les paparazzis rongent jusqu’à l’os, mais que Davodeau aborde avec justesse, humanisme et respect.
L’humour et l’autodérision de Davodeau qu’il distille avec brio jusque dans ces remerciements à la fin du tome (Merci à l’ASF, non c’est pour rire). Ceux qui aiment cet humour doivent absolument lire « Quelques jours avec un Menteur » de Davodeau.
Et puis, pour tous ceux qui aiment commencer leurs journées par un bon verre de lait (ou même pour ceux qui sont allergiques et se gavent de soja), c’est très intéressant de voir comment fonctionne une ferme laitière, avec les interminables heures de travail qui précèdent la fabrication de ce verre de lait.
Si le sujet de l’autre album reportage de Davodeau (Les Mauvaises Gens) ne m’avait pas plu, celui-ci est accessible de tous et devrait combler tous les amateurs de Davodeau et autres BDphiles.
Comment parler à la fois de l'agriculture bio et des méthodes de développement d'infrastructures en campagne ?
C'est ce difficile défi qu'a relever avec brio Etienne Davodeau dans cet excellent reportage BD réalisé sur 12 mois.
"Rural !" n'est pas un pamphlet écolo, ni un tract anti-mondialisation. C'est "tout simplement" un livre intelligent fait pour permettre de s'exprimer des individus d'horizon différent sur une réalité véritable. Il y a deux thèmes à cet album, lesquels ne sont ni totalement liés, ni complètement séparés. Leur rapport est avant tout géographique : les acteurs et témoins (qui existent vraiment) vivent dans une même région, le Layon (en Anjou), dont la Culture agricole et naturelle est forte. Il ne faut pas vivre ou même connaître cet endroit pour apprécier ce livre, il suffit d'accepter la complète subjectivité de l'auteur qui nous offre ici des histoires réelles sans la moindre trace de fiction. Un reportage d'une grande qualité.
Davodeau s'essaye pour la première fois dans l'histoire de la bande dessinée (du moins a ma connaissance) a l'ecriture d'une BD-reportage. Le defi était de montrer ce qu'était aujourd'ui le métier d'agriculteur, bien loin de l'image d'Epinal qu'on pourrait en avoir. Il parviens a donner un aspect policier a son recit en racontant la lutte de quelques paysans contre la construstion d'une autoroute. L'histoire est captivante, intelligente, emouvante, parfois drole et tres humaine.