Résumé de la série : Adaptation d'un roman de Richard Brautigan, BigFoot
nous conte les aventures de deux cowboys
"tueurs à gage" Zeb et Ned. A travers leurs périples ils rencontreront des
personnages aussi étranges qu'attachants (le
vieux, le Shérif, le mineur...) ou de vrais
salauds (Sheep le tueur de mouton) et bien sûr
la magnifique Magic Child, fille d'un scientifique,
limite savant fou, qui va les engager pour
retrouver sa soeur Jumelle...
Comment résister à l'attrait du nom de Richard Brautigan, "inspirateur" de ce "Big Foot" ? Grand choc de notre adolescence, la lecture de "Un Privé à Babylone" nous avait appris que l'on peut déconstruire un genre tout en le magnifiant. Et on retrouve bien ici ce même travail sur les codes, qui se voient allègrement retournés comme des gants, transpercés d'envolées poétiques intenses : n'ayant pas (encore) lu "Le Monstre des Hawkline", je ne sais pas ce qui appartient à Brautigan et ce qui est le résultat du travail de Dumontheuil, mais le tout est superbe d'intelligence, de profondeur et d'humour... même si l'on retrouve une angoisse existentielle noire derrière l'absurdité répétée de nombreuses scènes et dialogues... Un mot enfin sur le dessin ondulant, sensuel, dynamique, de Dumontheuil : c'est un pur et simple régal. Un seul bémol, une indéniable ressemblance entre le travail "intellectuel" fait ici sur le western et la série "Gus" de Blain, mais c'est certainement une simple coïncidence spatio-temporelle !
Encore du bon Dumontheuil, toujours aussi loufoque, mais moins absurde que dans la "Femme Floue". Côté dessin, rien à redire, on aime toujours autant les ondulations de Dumontheuil, notamment dans les quelques plans larges. Le point fort de ce tome, ce sont les dialogues très amusants qui font mouche sans arrêt. Et puis, il y a Magic Child, une héroïne en trois coups de crayon décidément très attirante...
A lire avec un bon country rigolo en fond sonore (là, j'avais les Kentucky Colonels, c'est parfait)