Résumé de la série : "Il les tua tous. Les pistolets sautaient dans ses mains comme des bêtes enragées et des fragments d'os volaient à travers la fumée. Les douilles de cuivre rebondissaient sur le carrelage et les jumelles hurlaient de terreur tandis que le sang des voyous éclaboussait leurs robes jaunes. Même quand ses armes furent vides, Louis continua de tirer."Dans la France des années 50, la dérive sanglante d'un malfrat au crépuscule de sa vie. Une oeuvre au noir.(c) Casterman
Polar plutôt violent, "Le Sang des Voyous" est donc la dernière collaboration en date entre Jacques de Loustal et Philippe Paringaux. Loustal que j'ai rencontré lors de l'édition 2006 du Festival de Solliès-Ville m'avait confié que "Le Sang des Voyous" était sa bande dessinée la plus noire. Et bien, je confirme. Sans vouloir plagier l'un de nos chanteurs bien connus : "Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...".
L'histoire scénarisée par Philippe Paringaux nous raconte la dérive sanglante d’un tueur à gage moribond à la recherche de sa fille perdue de vue nombre d'années auparavant. Au cours de son périple, il n'hésitera pas à solder quelques ardoises laissées en suspend. La narration de ce thriller est assez particulière. Les dialogues sont réduits au minimum tandis que des encadrés de textes viennent plonger le lecteur dans l'esprit et les sensations du personnage central. L'atmosphère glauque distillée tout au long des planches de l'album s'en trouve ainsi renforcée.
Coté dessins, je ne suis pas de prime abord un grand fan de ce style graphique, aussi il m'a fallu un moment avant de m'y faire. Loustal a choisi d'illustrer le récit par un trait plutôt dur et froid à l'image de son "héros". Les décors sont très épurés, parfois sommaires, même si certains plans de paysages m'ont réellement emballé, notamment grâce à une mise en couleur des plus réussies.
Une bande dessinée qui vous captivera jusqu’à son terme.
Un polar correct, servi par un scénario relativement bien construit (le manque de dialogues est à déplorer car on se lasse vite de la "voix-off" qui rythme cet opus). Le graphisme de Loustal (je ne suis pas fan) n'est pas très adapté à la noirceur du récit. Ledit graphisme manque peut-être de caractère et de profondeur. C'est dommage, car il gâche ce one-shot, qui aurait pû être somptueux.