Résumé de la série : Yasunari est un samouraï errant à la recherche d'un maître. Il trouve sur sa route un inquiétant village dont les habitants lui refusent gîte et couvert. Contraint à dormir dehors, le ventre vide, le jeune vagabond se réfugie dans une étrange okiya (maison de plaisirs, ndlr). Les occupantes de la demeure, quatre mystérieuses geishas, mettront les ?talents? du guerrier à rude épreuve?
Très bel album, histoire envoutante et sensuelle à l'érotisme maitrisé jamais vulgaire, on est pris par la quête du personnage dont on partage le trouble et l'attirance, alors la fin déçoit un peu car pas vraiment convaincante.
Mais on le relira avec plaisir.
Okiya veut dire maison des geishas en japonais, ceci explique l'avertissement au "public averti". Pour autant, il serait faux de croire qu'il s'agit d'une oeuvre purement érotique, loin de là. Il ne s'agit pas de nier que certaines planches sont sans fioriture mais le fonds de l'histoire n'est pas là.
Nous avons droit à un conte fantastique comme la littérature extrême orientale sait les magnifier. C'est donc une balade fantastico-poétique qui est proposée ici et l'invitation vaut le détour.
Le scénario emprunte aux contes traditionnels japonais et chinois. Celui qui en a lu ne sera donc guère étonné par le récit, son développement et son épilogue. L'intérêt réside donc essentiellement dans l'histoire de l'okiya et le mystère de son origine dévoilé à la fin de l'album. Comme dans les contes auxquels la BD s'apparente, la vérité a évidemment un goût doux-amer.
En cherchant à percer le mystère de l'okiya et de ses splendides occupantes, Yasunari remonte le temps à travers les récits des hommes qu'il rencontre et qui ont vécu une expérience semblable à la sienne.
Les conflits intérieurs découlant des questions d'honneur sont montrés mais finalement relégués en arrière-plan. Les autres sentiments : honte, jalousie, colère, vengeance etc sont traités de la même façon.
Le dessin de Jung est beau, maîtrisé. Les scènes érotiques sont montrées crûment (étiquette "pour public averti" sur mon album) mais l'émotion ne passe pas ou trop peu, sauf peut-être pour la dernière scène de ce genre (planches 59-60). En effet, ces scènes manquent de cette sensualité pourtant présente dans [i]Kwaidan[/i] ou [i]La jeune fille et le vent[/i]. C'est vraiment dommange surtout si on se dit que les belles occupantes de l'okiya sont après tout des fleurs habiles dans ses jeux.