Résumé de la série : Benjamin mène une petite carrière de journaliste et visite son père très fréquemment en Bretagne. Un jour, il tombe sur une boîte qui contient d'étranges souvenirs : une photo, une horloge et des poèmes.. Inspiré par ces découvertes, Benjamin décide à son tour de se lancer dans la poésie... Il se rend compte, par hasard, que l'horloge arrête le temps : facile désormais de devenir célèbre et riche ! Mais il n'est apparemment pas le seul à connaître les pouvoirs magiques de cette horloge et va rapidement devoir échapper aux hommes qui veulent sa mort...
Je suis vraiment ravi de mon achat. Pour un coup d'essai, un éditeur et deux auteurs que je ne connaissais pas, c'est une très bonne surprise.
Coté scénario, Mathieu Gabella installe avec brio son histoire à la fin du 19ème siècle. J’essaierai de ne pas trop m'y étendre afin de ne pas éventer les intrigues déroutantes (car il y en a plusieurs) imaginées par l'auteur. Les éléments de cette enquête fantastique, tout comme les divers protagonistes, sont introduits à point nommé. Pas de rebondissements tirés par les cheveux. C'est fluide et parfaitement maîtrisé jusqu'à la dernière page insoupçonnable.
Quant au dessin, Anthony Audibert possède un style très particulier qui peut surprendre. Ses personnages sont plutôt anguleux, mais tout compte fait cela participe activement à l'ambiance recherchée. Les découpages et la mise en couleur sont efficaces : les différences de tons permettent une distinction aisée entre le présent, les flash-back et les périodes de "stases". On notera aussi des clins d’œil envers certains personnages connus. Plaisant.
Un récit divertissant et original que je vous conseille vivement.
Les romans, films ou nouvelles proposant des variations sur le temps sont souvent passionnants, parfois intrigants, quelques fois déroutants.
L'histoire qui nous est proposée ici ne manque pas de références littéraires. Elle a incontestablement du style mais elle est presque totalement linéaire, alors que le sel de ce genre de récit est justement de jouer sur les paradoxes temporels.
Ici que nenni. Tout ça pour ça ! serait-on tenté de dire; mais l'originalité de la démarche et l'audace d'un dessin peu classique méritent quand même de saluer cet album.