Résumé de la série : Luna Almaden est une jeune aveugle qui vit seule et partage son temps entre deux passions : la sculpture de mobiles et les romans qu'elle lit en braille ou qu'elle écoute sur CD.Sa mère, une riche veuve excentrique, lui verse une rente qui lui assure une certaine indépendance. Luna entretient avec elle une relation particulière. Car si cette dernière l'aide financièrement, elle exige de Luna des compensations pratiques : faire son linge, effectuer certains achats, ce que Luna fait avec affection, mais que sa mère conçoit comme un dû. Luna a une soeur aînée, Valéria. Entre elles deux, les relations n'ont pas toujours été faciles, l'handicap de Luna ayant très tôt détourné l'amour maternel. Malgré ces tensions familiales, malgré sa cécité, Luna mène une vie presque normale et sans histoire. Jusqu'au jour où l'on découvre sa mère assassinée, et que tous les soupçons se portent sur elle. Luna est persuadée d'avoir été victime d'une machination. Il s'agit donc pour elle de dénouer cette énigme et d'apporter les preuves matérielles de son innocence à la police.Luna va réagir et agir seule, avec ses propres moyens, en puisant au fond d'elle-même la force de dépasser les limites de son handicap.
Avec « Luna Almaden », la collection Aire Libre s'enrichit d'un bon petit polar mené par Clarke et Denis Lapière.
L'idée de départ est intéressante puisqu'il s'agit de nous faire vivre les aventures de Luna, une jeune aveugle, en positionnant la narration suivant sa perception du monde. Le défit était attrayant car il ne doit pas être aisé d'imaginer les ressentis et sensations d'une non voyante. Le challenge me semble réussit. Au fil de l'histoire, le lecteur entre peu à peu dans la peau de Luna, aidé il est vrai par quelques cases noires simulant la cécité et intelligemment distillées.
Le scénario élaboré par Denis Lapière est simple mais bien ficelé. Bien qu'il s'agisse d'un polar, le parti pris du scénariste n'est pas de brouiller les pistes. Le système narratif fait que le lecteur sait Luna innocente d'emblée. La véritable question réside dans la manière dont la machination va se dénouer tant les apparences chargent la jeune femme aux yeux des principaux protagonistes. Les tenants et les aboutissants nous seront dévoilés sans rebondissements scénaristiques artificiels. Logiquement, simplement.
Pour les dessins, Clarke adopte ici un style plus réaliste qu'à son habitude. Le trait est vif et sans fioritures. La trouvaille des cases noircies participe à l'ambiance générale de cette bande dessinée. Les couleurs des planches sont peut-être un peu froides, mais cela n'est guère dérangeant. Une mention particulière doit être donnée à la couverture très réussie et intrigante.
Voilà une histoire très plaisante à lire, mais qui se parcourt peut-être un peu rapidement.
Un one shot bien sympathique qui m'a fait passer un bon moment. Ce polar à une histoire certe très conventionnelle et il n'y a pas vraiment de suspense mais les personnages sont intéressant et l'ambiance prenante. J'ai passé un bon moment.