Info édition : D. 1973/0089/47. 2 titres au catalogue intérieur, 3 titres au 4ème plat
Résumé de la série : Un sergent bête et en quête de gloire, un acolyte un peu plus malin, mais lâche, se trouve entraînés dans la guerre de sécession, au sein de la cavalerie ! Drôle, et plutôt destiné à la jeunesse.
Le logo Dupuis est écrit façon western sur les éditions brochées. Toutes les rééditions brochées de 1 à 20 cotent 9 €. Les rééditions cartonnées du tome un à vingt ont un DL par défaut 01/1984.
Les Tuniques bleues était ma BD préférée quand j'étais gamin. J'étais fasciné par la Guerre de Sécession à l'époque et c'est comme ça que j'ai découvert Blutch & Chesterfield. A l'époque, je me souviens que je préférais les albums de Lambil / Cauvin à ceux de Salvérius, le créateur. Mais il y a deux albums que je considère aujourd'hui comme étant les tous meilleurs de la série : ET POUR 1500 DOLLARS EN PLUS et OUTLAW.
Salvérius ne dessine plus de manière succinte dans le style très laid de UN CHARIOT DANS L'OUEST ou de LA GRANDE PATROUILLE. Comme DU NORD AU SUD, ET POUR 1500 DOLLARS EN PLUS est magnifiquement dessiné. Le trait est précis et fourmille de détails. Admirez les décors qui n'ont rien à envier à ceux de Jerry Spring ou, osons ! de Blueberry. L'histoire est exellente et évoque le monde du western cinématographique à chaque case (Monument Valley, le réservoir d'eau saboté au-dessus de la voie ferrée...)
Même si l'humour est très présent, il n'est pas de même nature que celui qu'on retrouvera par la suite dans les aventures sur le front (plus potache). Ici, c'est plus fin, plus subtil. A l'image du dessin.
Cette ambiance est également présente dans le numéro suivant (OUTLAW), achevé par Lambil, dont le trait est beaucoup plus dépouillé. La comparaison avec les dernières planches de l'album est évidente. Voyez les cases en "scope" du début où les Indiens dansent, où les Nordistes sont poursuivis par les hors-la-loi... Il y a dans ces images, un souci du détail, une précision, et un mouvement qu'on ne retrouvera plus avec Lambil.
Le scénario est digne d'un bon film Américain : le sergent Chesterfield et le caporal Blutch vont s'infiltrer incognito dans les lignes ennemis pour faire un maximum de dommages accompagnés de deux Méxicain attirés par une rondelette somme de 1500 dollars.
L'humour est toujours là, un dialogue me vient en particulier à l'esprit :
"Blutch passez moi votre corde."
"Pourquoi vous voulez vous pendre ?"
Faut voir le dessin aussi et surtout la situation mais je suis écroulé à chaque fois que je relis ce passage.