Résumé de la série : Un grand bluesman américain, Bud Leroy, va monter sur scène pour la dernière fois et donner son concert d'adieu, à Paris. Miné par la maladie, il a décidé de rentrer ensuite dans le pays de son enfance, ce Sud qu'il n'a plus revu depuis soixante ans, pour y vivre les jours qui lui restent. Assis dans un gros fauteuil, sa guitare Gibson Flying V appuyée près de lui, il se remémore sa vie passée…Et voilà qu'affluent soudain mille images, petites anecdotes sans conséquence et grands moments d'anthologie intimement mêlés, qui composent à la fois le portrait d'un homme, d'une époque et bien sûr d'une musique. Sous la forme de flash-back successifs, c'est toute l'histoire et la légende du blues qui se déroulent au fil des pages, du mythique guitariste Robert Johnson à nos jours en passant par Duane Allman, les années soixante et le secret de l'accordage dit "du Conquistador" - cette signature sonore si particulière des guitares noires dans le Delta du Mississipi…Le tandem expérimenté qui signe cet album, Georges Van Linthout (dessin) et Yves Leclercq (scénario) - déjà auteurs par ailleurs de la série Twins chez Casterman -, a lui aussi trouvé la bonne tonalité pour retranscrire avec émotion et pertinence les racines de la musique noire américaine. La présentation originale et soignée de Conquistador (planches travaillées au lavis, papier crème) vient par ailleurs accentuer avec beaucoup d'à-propos le côté vintage de l'album.
Une histoire vraie, humaine où l'on ressent à chaque regard : la peur, la joie, la tristesse, l'amour. Cette histoire est servie à merveille par un dessin superbe en noir et blanc et gris, oui ne les oublions pas ceux-là, les merveilleux dégradés de gris.
Une excellente surprise de début d'année qui espérons ne passera pas inaperçue. Selon moi, tous les amoureux du crayon doivent la posséder.
Si je n'ai absolument rien à redire de cet album sur le plan purement esthétique (superbes crayonnés) je reste sur ma faim quand à la capacité du dessin à restituer "le Blues" (que cela soit possible est une autre question...). Inconditionnel de ce style de musique je ne la retrouve pas dans le dessin de Van Linthout qui n'est pas assez "tripal" à mon goût. Un dessin qui vient de la tête (et sûrement du coeur) mais pas des "tripes". Le scénario, lui, est plutôt sympathique et j'aime particulièrement les notes fantastiques qui s'ajoutent à l'histoire de ce vieux guitariste... Un album qui mérite donc que l'on s'y arrête même s'il ne doit pas être appelé à soulever les foules !!!
A lire en réécoutant ses vieux John Lee Hooker ... avec un verre de Southern Comfort !