Résumé de la série : Septembre 1990, deux frères, Sylvain et Bruno décident de partir à Beyrouth pour y rejoindre leur tante qui travaille pour la Croix-Rouge. Bien sûr, ils sont informés et ont conscience que sur place c'est la guerre, mais bon, ça leur fera des vacances un peu plus originales qu’à l'habitude et c'est bien là leur principal objectif...Plus de dix ans après les faits, les deux frères Ricard parviennent, à travers ce Tohu Bohu, à raconter leur voyage au cœur d'un Liban en guerre. Malgré leur insouciance et leur bonne volonté de l’époque, ils nous disent comment ils n’ont pas tardé à être rattrapés par la réalité du conflit.Bruno en profitera d’ailleurs pour faire le plein de photographies avec des images qui remplacent singulièrement les clichés conventionnels accumulés sur cette guerre un peu lointaine et déjà oubliée mais qui avait toujours et pendant longtemps sa petite place quotidienne au journal de 20 heures
Ce livre parle de la guerre du Liban. Pas d'un point de vue historique mais personnel : celui de Bruno et Sylvain Ricard qui décident d'aller dans ce pays en guerre "pour se rendre utiles". On découvre avec eux ce conflit très particulier, souvent calme mais où le danger est omniprésent. A chaque instant, une bombe peut venir détruire une maison, une ville, une vie...
La guerre est ici montrée au travers de la population et de leur vie quotidienne mais, à juste titre, les auteurs ne cherchent pas à trop en faire et ne dramatisent pas outre mesure les situations. Le malheure des gens s'impose de lui-même. Le tout est raconté de manière très simple et avec certaines touches d'humour qui tapent juste.
Le dessin de Christophe Gaultier est remarquable et fait véritablement penser à un carnet de voyage : chaque trait semble pris dans la hâte et rend bien l'atmosphère de peur qui règne dans l'album. Les scènes de bâtiments en ruine sont par exemple une véritable réussite, mais tout l'album en est une. En plus, la narration est sans faille et captive du début à la fin.
J'ajouterais une mention spéciale pour les textes, non seulement les dialogues mais aussi ceux qui ponctuent chaque chapitre, très bien écrits. Ils sonnent terriblement juste et de nouveau, les auteurs n'en font pas trop.