Info édition : Avec jaquette, sens de lecture d'origine (droite vers gauche).
Résumé de la série : Kenji est un commerçant tranquille qui a repris et transformé le magasin familial. Son seul problème est la fille de sa soeur, que cette dernière lui a confiée avant de partir. Mais voilà qu'un jour, la police vient l'interroger sur la disparition de la famille de l'un de ses clients. Le seul indice étant un mystérieux symbole dessiné à côté d'une porte. Kenji ne se sent pas spécialement concerné jusqu'au jour où Donkey, un ami d'enfance, lui demande s'il se souvient de ce même symbole. Kenji explore alors la vie de Donkey, son passé et celui du groupe d'amis dont il faisait partie dans sa jeunesse. Il découvre bientôt l'existence d'une organisation clandestine que dirige l'énigmatique Ami et qui utilise le symbole lié au passé de Kenji comme signe de ralliement.
Presque Lynchien, tant il offre au lecteur une plongée totalement déstabilisante vers une autre réalité - derrière le terrifiant monde sous le contrôle d'Ami, se pourrait-il qu'on n'ait affaire qu'à un jeu débile de collectionneur désaxé et maniaque ? -, ce dixième tome de "20th Century Boys" donne encore un tour d'écrou à la complexité de la fiction, ainsi que, bien évidemment, à notre addiction ! Mais le plus fort, c'est que Urasawa enchaîne immédiatement avec un retour déchirant vers l'origine de son histoire, et transforme la fausse piste qu'il a construite depuis le début de la saga - jeu mental diabolique - en une histoire à enjeu émotionnel intense : car l'histoire de ce garçon "sans visage", qui n'existait pas ou si peu, même s'il n'est pas, contre toute attente, Ami, constitue finalement l'un des plus beaux moments de "20th Century Boys" à date. Comment ne pas tirer une fois de plus son chapeau à Urasawa, narrateur génial qui imbrique ainsi de superbes scènes de pure émotion au sein de son diabolique Rubik's Cub conceptuel ?