Résumé de la série : Le capitaine se demande, qui de lui ou du bateau, est le maître après Dieu. L'imposante masse de rouille le dirige, le déforme, donnant à sa carcasse une inquiétante torsion. Mais, comment pourrait-il commander ce vaisseau alors qu'il ne contrôle même plus son équipage ? Des matelots fantômes, morts depuis trop longtemps, se rient de sa piètre autorité, préférant se maintenir dans une éternelle oisiveté.
Pas étonnant alors que dans un tel état d'abandon, le bateau ne tombe entre des mains plus délicates. Miss Constance Imbroglio avoue avoir pris quelques libertés, mais après tout, ne l'avait-elle pas trouvé vacant ?
Attention, voici de la très grande bande dessinée ! Un one-shot complètement envoûtant, un chef d'oeuvre tant g raphique que narratif qui n'a pas fini de vous poursuivre une fois la lecture achevée. Eric Omond et Olivier Supiot débarquent là où on ne les attendaient pas, nous surprennent et nous subjuguent ! Le Dérisoire est une bande dessinée d'une maturité et d'une plénitude incroyables.
Une bd toute en émotion !!!! Des dessins tout en couleur. Une histoire suréaliste très poétique. Un must quand on aime ressentir des émotions et des sentiments à la lecture d'une histoire originale en BD.
le capitaine du Dérisoire est un monstre. Parce qu'il est inhumain. Inhumain car il n'a aucune imagination, aucun rêve. Il vit entouré des fantômes de ses hommes d'équipage sur un bateau lui même tenant plus du hollandais volant version cargo que d'un bateau digne de ce nom, bateau non terminé, d'ailleurs, bateau fantôme qui porte bien son nom. Ce capitaine est, à l'image de son navire, dérisoire, voûté, bossu, usé par son inutilité et ses fantômes qui ne lui obéissent pas car il est capitaine de rien.
En partant de ce postulat, les auteurs nous embarquent à bord d'un album tout en nuances, tendre et sombre, gai et triste, dérangeant et calme. Ce qui me rend vraiment admiratif dans ce livre, c'est à quel point le dessin colle à l'univers et aux ambiances du scénario: Supiot sait tout faire, des fantômes crispants et dérangeant errant sur une carcasse rouillée, sombre et morte à des paysages champêtres et grandioses, tout de calme et de lumière, en passant par une fête décadente, chaude et remplie de faste et d'exubérance perverse.
On ne vit pas l'univers du Dérisoire, on le rêve et on le cauchemardise
Pas un chef d'oeuvre indispensable de la BD, mais certainement un très beau livre, plein de finesse et de poésie. Très original et particulièrement bien mis en valeur grâce au dessin et a la colorisation parfaite. Un vrai petit bijou d'histoire onirique.