Parallèlement au cycle classique de la saga de Blueberry, Giraud dessine entre 68 et 70 la jeunesse du futur lieutenant. Cette "série" reprend son cours en 85 sous le crayon de Colin Wilson, très respectueux du style imposé par Giraud. Les albums ont successivement été édités par Dargaud (22 titres, l'essentiel du fond) puis par Fleurus/Hachette, puis par Novédi et enfin par Alpen pour la nouveauté dessinée par Vance. Dargaud a entrepris la réédition des albums Blueberry remaquettés et agrémentés de nouvelles couleurs.
En lançant Blueberry dans Pilote, Charlier avait opté pour le côté "mauvais garçon", joueur, buveur, tricheur, menteur. Ce qui était assez gonflé pour l'époque qui avait plutôt l'habitude d'offrir des héros assez lisses.
Mais il avait fait de son héros un Sudiste parti se battre avec les Nordistes, ce qui était positif.
Dans cet album-ci il récidive en la matière. Il fait de Blueberry un jeune Sudiste esclavagiste et borné que seuls les évènements vont faire progressivement changer d'avis.
Le format initial des planches étant celui du livre de poche (Super Pocket Pilote), celles-ci ont été agrandies pour la publication en album classique. Et ce qui est frappant, c'est que ça joue considérablement sur le style du dessin de Giraud. Agrandir les cases donne l'impression qu'elles ont été faites par un autre. Et je dirais même plus (comme dirait un certain D.), on dirait du Mézières ! - Cf les quelques planches western qu'il a eu l'occasion de dessiner au cours de sa carrière.
Les histoires de ces trois premiers albums (le reste ne m'intéresse pas du tout) sont bonnes. Et si elles ont été faites à l'origine pour être publiées indépendemment les unes des autres, elles constituent au final des chapitres à une seule grande histoire. Seule la toute dernière qui se déroule à Fort Navajo est indépendante. Si on veut d'ailleurs effectuer une chronologie des aventures de Blueberry, elles n'a même rien à voir avec "la jeunesse". Elle se situe soit avant, soit après L'HOMME A L'ETOILE D'ARGENT (on y voit McClure jouer au poker avec lui).
A signaler tout de même un défaut assez gênant : Les aventures de LA JEUNESSE DE BLUEBERRY se déroulent pendant la Guerre de Sécession. Et le problème des trois albums est que les uniformes des Confédérés sont aussi bleus que ceux des Fédérés. Donc, c'est plutôt ennyuyeux pour la compréhension immédiate. Visuellement, on ne distingue pas un Sudiste d'un Nordiste. Et ça c'est un peu dommage.
la lecture des trois premiers tomes ( par charlier et gir ) sont indispensables pour la compréhension des premiers albums de blueberry et sont de surcroit bien faits. La suite est malheureusement moins brillante et, c'est toujours le problème des séries à succès, les concepteurs ne savent jamais s'arrêter au bon moment. C'est très dommage. Mais, au risque de me répéter, les trois premiers albums méritent une cote maximale.