Résumé de la série : New York, novembre 1947. Dans moins de cinq minutes, au grand stadium, va se dérouler le combat de boxe le plus attendu de l'année, opposant Mark L. Dancre, dit le Danseur, à son challenger Anton Plavel. Certains journalistes l'ont même appelé « le combat du siècle ». Mais ce combat, Plavel va le perdre. Il va se coucher, et ce sera son dernier. Tout ça parce qu'Eric Zinoli, grand ponte de la pègre, a acheté le match et lui a ordonné la défaite. Mais l'autre problème, c'est que Plavel va tomber amoureux de la femme du truand. Pour elle, il va tout remettre en question, et va vouloir changer de vie. Et la première chose à faire est de se débarrasser de tous les gens qui l'emmerdent, y compris sa femme. Quitte à perdre ce match, autant essayer de refaire sa vie...
Je ne connaissais que Poison de Astier, et le style n'a absolument rien à voir, ici.
A première vue, mon impression sur cet album est mitigée. Les pages sont chaotiques, il n'y a pas de cases précises et définies mais plutôt un grand mélange, un peu comme Gotlieb en a l'habitude (mais là, bien sûr le registre est tout sauf comique!). Comme son boxeur de "héros", Astier prend des risques et tabasse sec en noir et blanc. Du coup, certaines pages sont très réussies, d'autres, plus rares, me paraissent presque ratés. Mais l'ensemble est hyper dynamique, on a l'impression de se trouver au coeur de l'histoire. Rien à dire sur la couverture par contre, comme chacun pourra le vérifier sur la BEL...
Niveau scénar, c'est là aussi mitigé: si globalement elle me convient très bien(cet univers pourri autour des rings, cette construction en cascade qui voit défiler les évènements au fur et à mesure que s'égrennent les secondes et les rounds d'un combat...), il y a tout de même quelques points qui me gênent: cette héroîne, trop Cosette pour être crédible, et cette fin déroutante: est-ce un final ouvert?? je n'ai pas bien saisi pour tout dire...
Bref: tout n'est pas parfait certes, mais globalement, je ne regrette pas du tout mon acquisition, car vraiment ce récit se vit comme un match de boxe, on sent une excitation réelle à la lecture, ce qui arrive tout de même rarement dans une bd. Ses quelques défauts en deviennent des avantages: on bouge sans cesse, on esquive, on tourne autour des personnages, parfois on ne sait plus où l'on est, on doit tourner le livre en tous sens pour comprendre et retrouver ses esprits, et on compte les points en attendant qu'une chose: la fin du round, histoire de se libérer un peu.
A deuxième vue donc,.... j'adore cet album.
Pas la peine de mettre de note, c'est une victoire par KO.
Laurent Astier est un auteur que je suis depuis ses débuts, surtout pour l'originalité de ses univers et la diversité dont il peut faire preuve d'un album à l'autre. Gong est un bel exemple de cette diversité. Le choix du noir et blanc se révèle judicieux et permet une immersion immédiate dans l'histoire d'un boxeur en proie à la cruauté du milieu. Les personnages sont fouillés, les rebondissements bien amenés, la narration subtile, la mise en scène impeccable... et la fin plutôt bien tournée. Gong est peut-être à ce jour l'oeuvre la plus aboutie de Laurent Astier et il concentre dans ces quelques moments de grâce une intensité qui fonctionne à merveille.