Résumé de la série : Une tasse de thé ? Un nuage de lait ? Un soupçon de poison ? A première vue rien ne semble différencier le très sélect club de Green Manor d'autres clubs anglais. Pourtant, derrière ces murs épais, au creux de ses profonds fauteuils, se cache le plus grand ramassis d'escrocs, de bandits et de meurtriers que la reine Victoria n'ait jamais connu.
E-X-C-E-L-L-E-N-T! Pour l'humour noir, british et pour toutes ces courtes nouvelles qui mènent au meurtre, sans trop de fioritures...À offrir à celui qui adore les romans policiers, les Sherlock et pourquoi pas, les bouquins d'aliéniste...
Bel hommage à la littérature anglaise du 19éme siécle! Cet enchainement de petits récits est vraiment savoureux. Le dessin s'accorde bien à l'ambiance nuit brumeuse londienne.
J'aime en particuliers 21 Hallebardes même si au début j'ai crié au sacrilége: en vouloir à la vie de Conan Doyle! L'hommage est fait au genre polar mais aussi à l'humour so British de nos voisins d'outre Manche...
Conseil de lecture: à lire le soir devant la cheminée avec une tasse de thé!
Le source ayant présidé à l'inspiration du Green Manor, ce "hellfire club" so british, paraît on ne peut plus évidente : le fameux De l'assassinat considéré comme l'un des beaux arts, par Thomas de Quincey (auteur également de Confessions d'un mangeur d'opium). Et justement, tout le talent des auteurs est d'être parvenu à restituer tout ce sel si particulier, mélange d'humour noir, de cynisme grinçant, saupoudré, pour faire bonne mesure, d'un soupçon (pardonnez le jeu de mot) d'ambiance victorienne. La forme est classique : une succession de courtes histoires, toutes censées s'être produites dans les entrailles du club, véritable nid de gentlemen amoraux au goût prononcé pour le sang mais d'une parfaite respectabilité. Le dessin est correct ; il restitue la saveur de l'ambiance victorienne (la fin de cette période, en fait) sans atteindre le chef d'oeuvre. Mais ça n'est pas le but, pas plus que le point fort de la série. Non, ce qui confère indubitablement à Green Manor sa très grande qualité, c'est la force de ses scénarios, de petits bijoux ciselés avec drôlerie, humour et, surtout, une très grande inventivité ! du loufoque au pastiche de meurtre en chambre close, tout y est abordé et écorné. Dans le genre, c'est du grand art.
Hommage à la littérature policière du XIXe, "Green Manor" est un véritable
plaisir de lecture. Mélange de suspens, de mystère et d'une bonne dose de
cynisme, cet album présente de courtes histoires policières entre Sherlock
Holmes et E. Poe, mais toujours sous un second degrè volontairement moqueur.
Il suffit de lire l'histoire "21 hallebardes", où deux "intellectuels" rafinés se
vantent d'être en mesure de réaliser un meutre en Oeuvre d'Art pour finir par
s'apercevoir qu'ils ne sont que "deux pitoyables bouffons", c'est là le fond de
cette série : derrière ces énigmes jugées par le beau monde, on nous présente
un univers compacé et prétentieux qui n'a rien de plaisant.
A noter aussi les superbes introductions et conclusions où le talent de Bodart
génère une ambiance morbide et inquiétante qui pénètre immédiatement le
lecteur. Un délice pour les amateurs d'humour noir.