Une révélation en ce qui me concerne : Enki Bilal aurait de l'humour !
Jusqu'à présent je ne connaissais de Bilal que ses oeuvres les plus réputées (NIKOPOL, PARTIE DE CHASSE, LES PHALANGES DE L'ORDRE NOIR, LE SOMMEIL DU MONSTRE) et ses mauvais films et pour moi son nom était synonyme de sérieux-comiques-s'abstenir - on n'est pas là pour rigoler - il est interdit de sourire lorsqu'on sait que des gens souffrent à travers le monde - la BD doit servir à témoigner des drames de la guerre d'Espagne, du drame bosniaque, de la seconde guerre mondiale - Bref : on va tous crever - habillons nous tous de noir car il n'y plus d'espoir - C'est le méga spleen. C'est pour ça que depuis quelque temps Bilal me saoule.
Et puis j'ai lu MEMOIRES D'OUTRE-ESPACE hier, et ce fut le choc. C'est drôle ! Si si si si si. C'est drôle, je le répète (pour me convaincre peut-être que je n'ai pas rêvé). Cet album est un recueil d'histoires courtes parues dans Pilote (encore lui !!) de 1974 à 1977. Si toutes les histoires ne sont pas exceptionnelles, elles sont en tout cas rafraichissantes, loufoques et parfois décalées. Attention cependant : il s'agit d'humour simple, pas de farce grotesque. N'attendez donc aucun fou-rire en lisant MEMOIRES D'OUTRE-ESPACE. Ce n'est pas le propos, c'est de l'humour léger, pas de l'artillerie lourde. On est quand-même chez Bilal. Mais celui des débuts.