Résumé de la série : " Je situerais plutôt ce livre entre Beckett et Buffet froid " m'a dit Bézian au téléphone. Je lui ai répondu qu'il avait réussi son coup, du moins alphabétiquement parlant puisqu'il était bien entre Beckett et Blier. " Très drôle " m'a-t-il répondu amèrement, regrettant déjà de m'avoir entrouvert ses pensées, puis après quelques civilités, nous raccrochâmes. Oui, Bézian est un type amer, sarcastique et noir... comme le montre son livre Archipels. Bézian n'aime pas la lumière. Son âme, ses vêtements ses livres et ses personnages sombrent dans un nocturne espoir d'une nuit éternelle. S'il avait un château, celui-ci serait noir. S'il avait un chien, celui-ci serait mort. Et puis, soudain, pour nous prouver le contraire, le voilà qui fait des envolées, le voilà touchant, le voilà humain. Les deux ensemble racontent la vie, la vie selon Bézian. "
Lewis Trondheim (Postface de la réédition aux Editions Charrette
Lire un Bézian, pour moi, c'est toujours avec une pointe d'inquiétude que je le fais. Pour moi, ce type a le style le plus"énoORRrme"(j'entends par là, original).Et c'est souvent au niveau du scénar' que ça passe ou ça casse. Pour celui-ci (archipels) c'est clair que ça passe!
Peut-être est-ce parce qu'il a été écrit à la fin du siècle dernier, mais on ressens bien cette ambiance surrannée. J'adore absolument l'atmoshère qui s'en dégage(Ah! la bonne époque où les cabines téléphoniques étaient encore fréquentées...) de plus, cette édition(je ne sais pas si c'est le cas pour la réédition) bénéficie d'une impression extraordinaire. Hum...comment expliquer...on a différentes zones de noir sur le dessin : on a un premier noir Mat et un noir brillant à certains endroit et tout ça pour rajouter du relief à ces oeuvres ! Un one-shot qui se lit rapidement et qui irait très bien rejoindre votre bibliothèque, si seulement on ne s'extasiait pas si souvent de la beauté et de la construction de toutes les cases. Certains trouveront que j'en fais un peu trop...eh bien c'est vrai...mais il le mérite vraiment, le bougre!