Chef d'oeuvre. Un avis tout personnel pour cet album qui n'a pas vraiment bien marché malgré un excellent scénario et le graphisme époustouflant d'un maître de la ligne claire (le regretté Arno).
Il est vrai que cette histoire entre fiction et réalité (à tel point qu'on a du mal à démêler le vrai du faux) peut dérouter d'un prime abord. L'action se situe dans des lieux et à une époque assez méconnus mais la lecture de Kriespiel (album d'accompagnement) ou mieux de Kriespiel "Le jeu de la guerre" (l'intégrale reprenant à la fois l'album et son complément) éclaire la vraissemblance du scénario.
Il faut lire Anton Six comme une sorte de polar historique qui n'est pas sans rappeler certains films d'espionnage des années 50/60 dont le genre est un peu passé de mode certes, mais qui se découvrent toujours avec délice au hasard d'une soirée télé sur quelques chaînes cablées.
En 1946, un agent américain est envoyé derrière ce qui est en train de devenir le rideau de fer.
Sa mission est de s'appuyer sur les ennemis d'hier, à savoir des forces SS encore en action dans la région polono-ukrainienne, pour ramener des documents qui peuvent incriminer l'allié d'aujourd'hui mais l'ennemi de demain, l'URSS.
Désenchantement et abjection seront les leitmotivs de cette mission.
On l'aura compris, l'histoire est formidable et les dessins font chaque jour regretter un peu plus la disparition d'Arno.