Info édition : Note "N001" au 4e plat.
Résumé de l'album : Après le « coup de sang » environnemental dont Animal’z relatait l’impact tragique et dévastateur, la planète s’apaise et se recompose, les survivants réapprennent à s’organiser. Dans cette géographie chamboulée, des déserts ont surgi. Et c’est au cœur de l’un d’entre eux, bien improbablement situé à l’emplacement de la mer Baltique, que l’on suit la trace d’un ex aumônier militaire énigmatique, installé au volant d’une Ferrari électrique lancée à plein régime. Trois personnages vont croiser sa route : deux jeunes hommes qu’il sauve in extremis de la mort par déshydratation, et un rapace blessé par balle, dont il répare l’aile cassée…
Incroyable !
N'importe quel amateur débutant de BD qui chercherait quelque chose à acheter ou à offrir refermerait très vite cet album presque entièrement composé d'une seule couleur triste... Seulement voilà, c'est Bilal, alors on achète quand même, tout en se disant que ça a l'air "spécial".
Et puis la magie opère. Le dessin est tout sauf attirant, et pourtant on se met à apprécier. On entre dans le scénario tout doucement, et puis on se retrouve petit à petit à lire du Shakespeare et à aimer ! On relit le lendemain pour être sûr qu'on n'a pas rêvé, qu'on aime vraiment.
Depuis 40 ans Bilal a éduqué son public, l'a formé à son image. ça avait commencé tranquillement à l'époque de la croisière des oubliés, et puis voilà on se retrouve à lire ces albums au graphisme épuré totalement incroyables... Jusqu'où nous emmènera-t-il?
Au milieu d’un hypothétique désert dans un hôtel surgit de nul part, quelques survivants rejouent bien malgré eux "Roméo & Juliette" d’un certain W. Shakespeare !
Album métaphorique sur les désastres écologiques qui nous guettent, "Julia & Roem" n’évite pas l’écueil un certain intellectualisme du scénario et même si le graphisme est toujours aussi superbe, il ne suffit pas de décliner Shakespeare pour faire un bon album.
Il m’en demeure pas moins qu’Enki Bilal possède cette capacité à nous emmener là où bien peu oserait le faire.