Pour moi, Bilal n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est scénarisé par Pierre Christin ( l'inverse étant d'ailleurs aussi vrai, même si chacun a su exprimer ses qualités sans l'autre )
Le premier adjectif qui me viendrait à l'esprit pour qualifier les Phalanges de l'ordre noir serait: touchant.
Touchants, ces ex-révolutionnaires atteints par la limite d'âge et qui veulent croire que leurs illusions ne sont pas mortes;
Touchants, ces grands-pères qui parcourent l'Europe à la poursuite de vieux fascistes autant que de chimères,
Touchantes, la solidarité qui règne dans certains milieux ( et inquiétante, cette même, ailleurs, dans ce qui est finalement le " Milieu ") et l'énergie qui dure, voire perdure.
Ils sont touchants parce que, finalement, pitoyables
Bilal aime peindre les visages burinés ( cf Partie de chasse )etj'aime beaucoup cette époque,où son trait est un peu moins évanescent que maintenant.
Quant à l'intrigue, elle m'a porté jusqu'au bout; Christin, sans user des ficelles de l'irrationnel ( Rumeurs sur le Rouergue avec Tardi, le Vaisseau de pierre avec Bilal donc ) au contraire il est ancré dans un univers très réaliste ( pas forcément vraisemblablepour autant ... ) et les personages ont tous une réelle épaisseur.
A lire, à relire ponctuellement, dans une époque où l'individualisme oublie de s'emporter pour des grandes causes.
Etant un inconditionnel de Bilal, pas facile d'avouer qu'on a pas adhéré à tout !
Perso, j'ai trouvé cette histoire longue et inintéressante.
Le propos, le décor, voir même les personnages auraient du aboutir à un chef d'oeuvre mais ... ca déblatere à longueur de bulle, on l'impression que la trame est inventé au fur et à mesure, ce qui rend l'histoire tres difficile à avaler ...
J'ai trouvé que l'intrigue ne convenait vraiment pas au "style" bilal ...
C'est au début des années 90 que j'ai entendu parler de cette album. On me l'a décrit comme sombre, impliqué, noir... Je n'ai pas aimé. Déjà le sujet de la guerre en Espagne ne m'était pas familier et les décors représentant les années 70 semblaient fidèle, toutefois, je trouvais cela vieillot, poussiéreux. Bref, je n'ai pas gardé un bon souvenir.
Je peux le dire, le scénariste Christen, bien que souvent encensé et acclamé par les lecteurs, me déplait. C'est personnel, mais je trouve ses histoires complexe mais elles ne m'interpelle pas. Ça sent le vieux. J'ai aucune de ces Bd qui m'a surprise en bien.
Bilal, comme j'ai apprécié sa trilogie Nikopol, ne m'emballe pas ici.
Beaucoup trouvent cette album :
"Une superbe BD, un voyage historique déconcertant, le dessin est très réussi. Un des meilleurs albums de Bilal autant par le scénario que par le dessin. Exceptionnel."
Alors je l'ai relue dernièrement pensant avoir changé dans mes jugements.
Donc un groupuscule d'anciens franquistes sème la terreur dans les anciens villages qui leur résistait des années après la chute du régime La tuerie est revendiquée par les Phalanges de l’Ordre Noir au nom des « valeurs de l’Occident chrétien ». Jefferson B. Pritchard, journaliste au Daily Telegraph de Londres et ancien de la XVe Brigade internationale reconnaît parmi les membres du commando les ennemis qu’il a combattus pendant la guerre d'Espagne.
Le journaliste contacte ses anciens camarades et c’est une troupe d’une dizaine de personnes qui va donner la chasse aux phalangistes. D’assassinats en fusillades et en attentats, on assiste à une chasse à l’homme dans une partie de l’Europe, avec des pertes dans chaque camp. Finalement, le groupuscule fasciste est localisé dans une ferme du plateau de Millevaches, l’assaut est un massacre total. Seul rescapé, Pritchard qui se réfugie dans une île des Hébrides.
Une impression de vieux qui s'accentue avec le temps. Rien à avoir avec le fait
que le récit est intentionnellement datée, placé dans l'histoire et que,
mécaniquement, plus le temps passe, plus il semble s'éloigner.
Non, plutôt la sensation que même à l'époque, le récit était vieux, sentait le
vieux, la mélancolie et le conformisme de la pensée : tous les clichés y passent,
les oppositions binaires entre le jeune / le vieux, la révolution / la réforme, etc.
Les amateurs du trait Bilal de l'époque apprécieront (les rondeurs à la Solé), pour
les autres, surtout ceux qui s'attendraient à un récit percutant (la guerre
d'Espagne, tout de même !)... empruntez-le en bibliothèque.