Résumé de la série : A l'aune de ce tableau peint au couteau, brossé sans complaisance dans Mauvaise période 'Hard Time', Brian Azzarello et Richard Corben sont définitivement les meilleurs auteurs pour ce portrait de John Constantine en nature morte. Chez Azzarello, le sens du rythme, de la caractérisation et des situations, explose à chaque scène dans une maîtrise cristalline. Et Corben fournit ce qui est, peut-être, l'une des ouvres les plus brillamment sombres d'une longue et déjà légendaire carrière. Félicitations, messieurs. Quand il viendra régler ses comptes, je m'assurerai qu'il vous laisse tranquille.
Alan Moore
En route pour l'enfer......
Nous suivons le singulier parcours de John Constantine dans un milieu carcéral. Il sera la proie du milieu et la proie deviendra chasseur.....
Dans ce milieu clos le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer. Aucun temps mort. La descente au enfer de cette prison se déroule doucement et logiquement, au début sans se presser puis la machine s'emballe broyant tout sur son passage...
Richard Corben, le dessinateur anatomiste, traduit à la perfection dans son dessin le cauchemar de ce cloaque. Les corps et le scénario ne font plus qu'un.
Hard Time regroupe les épisodes 146, 147, 148, 149 et 150 de la série
anglaise Hellblazer.
Azzarello et Corben nous proposent une plongée cauchemardesque dans un
univers carcéral quelque peu exagéré mais véritablement inquiétant.
Dantesque pourrions-nous même dire. John Constantine, bien qu'innocent du
crime dont on l'accuse, y nage comme un poisson dans l'eau : il fascine les
autres détenus, manipule son monde, appeure chaque gang qui compose la
prison... Rapidement, une foule de rumeurs circulent sur son compte.
Brian Azzarello, qui s'est vu ouvrir les portes du succès par sa série phare
"100 Bullets", nous sert ici des histoires très violentes, exaltées par des
dialogues secs, tranchants, qui touchent droit au but. Mais tout cet univers ne
pourrait exister sans la géniale touche de Richard Corben : visages disloqués,
pris sur le vif, tout à fait moches dans leur déformation ; des angles de vue en
plongé ou contre-plongé alternant avec des gros plans ; des murs crasseux,
des ombres vives, de l'épaisseur, de l'humide. Autant vous le dire : l'auteur de
Den s'est surpassé. "Le trait de Corben est de chair, de graisse et de tendon,
de rictus et de grimace, replet et pendouillant, squarneux et fibreux, gras,
veiné, ridé, vergéturé". Une description très exacte du dessin de Corben faite
par Jean-Marc Lainé dans l'introduction de l'édition française.
Hard Time... un petit bijou (mais un crasseux bijou).