Résumé de la série : Quand les victimes deviendront des parias, quand les coupables seront designés, quand viendront la fascination pour l'ordre et l'ivresse de la haine, il nous restera finalement peu de choix:soumission,résignation ou dissidence. Dernier album de la série.
Cet album était conçu à l'origine comme un one shot mais son succès (relatif) en a fait une série. Il y a beaucoup de bonnes choses dans cette histoire qui parle d'un virus VRH décimant la planète et entraînant une réaction des plus autoritaires du gouvernement.
Au moment de l'apparition du virus du Sida quelques "bonnes âmes" extrêmistes avaient préconisé un tatouage sur les malades afin qu'on puisse les reconnaître. Cette histoire reprend cette base et va juste un petit peu plus loin, le tout conforté par un gouvernement qui vire vers la dictature de droite.
Le ton désespéré, malgré une fin plus souriante, était rare à l'époque (et même encore aujourd'hui) puisque les "gentils" sont loin de triompher. L'album fourmille de micro-détails qui le rendent bigrement intéressant (certaines professionnelles ont une fleur de lys tatouée comme les prostituées sous les rois de France). Bref, il y a toujours quelque chose à voir ou revoir.
De plus découvrir le Strasbourg du futur est vraiment très chouette.
Seul vrai regret, les couleurs ne sont pas terribles (au moins dans l'édition originale), un Chagnaud devrait se pencher sur la question.
Y a un paquet de choses intéressantes mises en place, j'aime bien le coté anticipation assez réaliste du scénario. Un virus genre SIDA contamine de façon massive (on sait pas trop ce qu'il provoque c'est bizarre d'ailleurs mais il se transmet par le sang et la salive) ce qui a provoqué la mise en place de restrictions sévères de liberté (suppression de ce qui peut être subversif dans l'art, permis de célibat, milice omniprésente) et la montée d'un parti extrémiste religieux genre FN décomplexé qui complote avec des scientifiques pour prendre le pouvoir.
Les scientifiques sont au centre du débat et certains se tirent dans les pattes pour être celui qui trouvera le vaccin au VRH, par tous les moyens nécessaires même pour les mieux intentionnés. Quant aux contaminés ils sont parqués dans des camps où règne la violence.
Un peu trop de choses d'un coup, on n'a pas le temps de s'impliquer dans l'histoire et de s'attacher aux personnages. Une bonne introduction on va dire, faut voir ce que donnera la suite.
En revanche, pas fan du dessin de Joseph Béhé que je trouve un peu fouilli et un peu "écœurant". Ajoutez à ça un lettrage un peu baclé (c'est un détail mais ça conforte dans une impression de bâclage) et du point de vue graphique, on a un premier tome un peu fatiguant. A suivre...